Gants et album de mariage / Natalia Sevriukova_fotolia
Sacrements

Les fiançailles puis 60 ans de mariage ! #Episode 2

Après la rencontre de Simonne et Louis, le temps des fiançailles est arrivé. Simonne vous fait le récit d’avant la célébration de leur mariage, le 5 octobre 1957, à Pont-Sainte-Marie, dans l'Aube.

Il faut d’abord fixer la date des « fiançailles » pour une rencontre officielle des parents du jeune homme, chez les parents de la jeune fille. Ce repas de fiançailles a lieu le 23 décembre 1956, le jour de mes 21 ans !

Les parents doivent décider ensemble du lieu du mariage : quelle mairie, quelle église, quels invités et quel menu pour le repas ! Ma famille, issue du milieu prolétaire parisien, n’ayant aucune opinion sur ces questions, les parents de Louis proposent, tranquillement, à la satisfaction générale que tout cela se passe chez eux, à Pont Sainte Marie.

Cependant, lorsqu’il est question de rédiger les invitations, Louis intervient :
-    Cela, c’est nous qui nous en chargeons. Pas question d’une invitation envoyée par les parents. C’est nous-mêmes, tous les deux, qui décidons de nous marier !

Et comme nous n’avons guère d’argent ni l’un ni l’autre, je tape l’invitation sur un stencil et tourne la ronéo pour la multiplier :

« Louis et Simonne ont la grande joie de vous annoncer leur mariage qui aura lieu

le 5 octobre 1957, à 10h, dans l’Eglise de Pont Sainte Marie ».

Durant les 10 mois qui suivent, Louis qui sait ce qu’il veut, cherche et trouve des formations, des stages et finalement un contrat de travail, comme « Formateur d’Agriculteur », au Tchad !

Le 4 octobre, à la mairie il y a seulement nous deux et le frère et la sœur aînée de Louis comme témoins. Je vais moi-même ouvrir la porte de la salle des mariages pour que celui-ci ne soit pas déclaré à huis-clos !
Mais le lendemain, le samedi 5 octobre, l’église de Pont Sainte Marie est remplie de monde : nos parents, nos frères et sœurs, et aussi les militants chrétiens du monde rural, jeunes et couples, de tout le diocèse !

A l’autel et autour, ils sont 9 prêtres, dont le vicaire général qui tient l’harmonium.

Pour moi, cette matinée a commencé avant la messe… J’ai logé dans une chambre d’accueil de la maison diocésaine et l’aumônier qui doit m’emmener jusqu’à l’église me confie qu’il est bien ennuyé car il a un stencil à taper avant midi et que… Bon ! En robe de mariée, je m’installe à mon clavier, et je le dépanne !

Dans le même temps, Louis apprend du mari d’une de mes sœurs, que son costume cravate ne suffit pas et qu’il doit aussi porter des gants !

-    Des gants ? Mais je n’en ai pas !
-    Prends les miens !

Plus tard, quand il pleure d’émotion, Louis s’aperçoit qu’il n’a pas voulu que sa maman prépare son costume et qu’il a oublié de mettre un mouchoir dans sa poche.

La célébration commence. Tout le monde prie et chante, et même si le cérémonial est réglé « ric-rac », nous affirmons chacun à notre tour que « OUI », nous nous engageons à faire équipe ensemble pour la durée de notre vie. « OUI », nous nous engageons à faire équipe avec Jésus dans l’amour, le partage, la fidélité, le pardon.

Après la messe, nous nous retrouvons à la salle paroissiale autour d’un petit-déjeuner assez copieux avec de la brioche… car en ce temps-là, il faut être à jeun depuis la veille si on désire communier !

Mon frère s’étonne :

-    Tous ces gens sont venus pour seulement du café, de la brioche et un peu de vin blanc ?
-    Non ! Ils sont d’abord venus pour prier avec nous !
-    Eh ben dis-donc !
-    Vive les mariés !

#Episode 3 à suivre…