Louis et Simonne / CM
Sacrements

Une rencontre tout en délicatesse #Episode 1

Simonne et Louis se sont rencontrés en 1955. En 2016, ils vous racontent l’histoire de leur rencontre.

Il y a 80 ans, il y avait des écoles de garçons et des écoles de filles, avec un Maître pour les garçons et une Maîtresse pour les filles. C’était la même chose au caté et dans les mouvements de jeunes. Des garçons et des filles ensemble, c’était des frères et sœurs ou cousins et cousines !

Cependant il y avait parfois des activités communes pour la préparation d’une grande fête, par exemple le 20ème ou 25ème anniversaire de la fondation de la Jeunesse agricole catholique (JAC/JACF). A cette occasion, on faisait ensemble la préparation d’un défilé en ville, une exposition, un jeu scénique, un ballet, un mouvement d’ensemble, etc

Simonne raconte…

Il y avait des garçons qui préparaient des stands d’exposition pour des photos, des documents, des récits. Il y en avait qui faisaient de la peinture. Ces garçons qui parlaient et riaient ensemble, ça faisait du bruit… Un seul, Louis, travaillait sans rien dire : il lavait les pinceaux puis rangeait tout et balayait quand les autres étaient partis.  J’admirais ce garçon discret et efficace.

Louis raconte à son tour…

Simonne, secrétaire à la maison diocésaine, auprès de l’Aumônier de l’Action Catholique Rurale, partait, chaque soir après son travail, dans une paroisse du département pour rencontrer des filles de la JACF et préparer avec elles un mouvement d’ensemble qui serait dansé le jour de la fête. Un soir où son programme avait été changé sans la consulter, alors qu’elle rangeait elle aussi l’atelier, le curé d’une paroisse à 40 km de là, est venu la chercher car des filles l’attendaient… « Ne vous inquiétez pas, je vous ramènerai après ». Et sans dire qu’elle avait prévu autre chose, qu’elle n’avait pas mangé ce soir… Simonne l’a suivi ! Moi, je ne suis pas parti avant son retour, à presque minuit. Admirant sa disponibilité et sa gentillesse, je ne voulais pas qu’elle rentre dans une maison vide, toutes lumières éteintes.

Trois mois plus tard, nous gardions un comptoir à la kermesse diocésaine, durant la pause de midi. Surpris l’un et l’autre de ce tête à tête inattendu, nous avons bavardé tranquillement.

Louis raconte :

Je me sentais tellement à l’aise avec Simonne que je me suis confié à elle comme je ne l’avais jamais fait avec qui que ce soit. Je lui ai raconté comment j’avais choisi d’accomplir mon service militaire en Afrique et comment je souhaitais y retourner pour y travailler dans le milieu rural, avec un grand respect, pour rendre à toute personne sa dignité qu’on avait écrasée par l’esclavage d’abord et la colonisation ensuite.

Simonne m’a écoutée avec une grande attention, et quand les responsables du stand sont venus, nous nous sommes séparés, mais pas avant que j’ai pu lui dire que je ne repartirais pas en Afrique en célibataire. J’attendrais d’avoir trouvé une jeune fille qui voudrait bien m’épouser.

Simonne continue :

Deux mois plus tard (je ne sais plus comment nous étions à nouveau ensemble), Louis m’a demandé « Simonne, aimeriez-vous vivre en Afrique ? ». J’ai dit oui. Et quand nous nous sommes dit au revoir après avoir fixé un prochain rendez-vous, nous nous sommes embrassés sur les deux joues. Pour moi ce fut comme un baiser fraternel. Nous venions de décider de faire équipe pour la vie !

Très vite, c’est l’épisode de la guerre d’Algérie. Louis est « rappelé sous les drapeaux » pour une durée de 6 mois. Je découvre vite que communiquer par courrier, c’est autre chose que se parler face à face… En présence l’un de l’autre, on voit les réactions, et d’un regard ou d’un sourire chacun peut nuancer ses propres paroles ou celles de l’autre. Par courrier, c’est plus difficile… Cependant, après ces 6 mois de séparation, nous nous retrouvons comme de vieux amis qui se connaissent bien ! Et on parle sérieusement de mariage !

-    Alors ? On fixe ça pour quand ?

Suite dans l’#Episode 2...