Foyer de charité Inde / Alexandre et Domitille - capture Youtube
Sacrements

Apprendre à « être » dans le couple

Après trois mois, Alexandre et Domitille ont découvert que leur projet ne consistait pas à « faire » mais à « être ». Un vrai apprentissage !

Fin décembre nous avons achevés notre périple africain. Il est difficile pour le moment de faire le point sur ces trois mois. Nous avons encore trop « le nez dans le guidon », d’autant que nous sommes déjà repartis en Inde pour la partie asiatique du projet. Mais nous sommes persuadés que ces voyages, ces rencontres nous ont enrichis, que nous avons accumulé de précieux trésors qui nous serviront en temps voulus, tant pour notre couple que pour notre regard sur le monde, sur l’Eglise… on ne ressort pas indemnes de ces expériences !

Idéalistes nous direz-vous !

En préparant le projet Resplandor nous nous imaginions dans les Foyers. Nous nous voyions déjà occupés du matin au soir par de multiples activités, à rencontrer les pauvres, à cuisiner avec les membres de Foyer, à visiter les alentours, à enseigner le français, à soigner des malades ou même à participer à un projet de construction (pourquoi pas ?!). Idéalistes nous direz-vous ! Certes, nous partions en bon français et suisse, nous allions faire des choses. Faire, c’est ce mot qui nous définit tant chez nous ! Nous existons par ce que nous faisons. Lorsqu’on se rencontre pour la première fois, une des premières questions que l’on pose est : « vous faites quoi dans la vie ? »

Un projet pour ne rien faire

Si nous pouvons faire un constat au terme de ces trois mois africains, c’est que nous n’avons rien fait ! Bien sûr, nous rendions services, nous construisions nos dossiers pour l’envoi de jeunes volontaires, nous participions à certaines activités du Foyer, mais nous étions loin de nos milles activités initiales. Parfois les journées nous ont paru longues, nous n’avions pas de programme précis, les membres étaient occupés par leurs temps de prière ou d’étude et nous ne faisions absolument rien.

Notre mission n’a donc aucun sens, si nous ne pouvons rien faire d’utile. Couper trois légumes ou faire la lessive, les membres de Foyer peuvent le faire seuls ! C’est une vraie remise en question pour le projet et pour nous et nous sommes amenés à considérer différemment notre mission.  

Juste être

Si nous sommes partis dans ce tour du monde des Foyers de Charité, ce n’est certainement pas pour faire des milliers d’activités. Non, nous ne sommes pas là pour faire ! Nous sommes là pour être, tout simplement pour vivre avec les membres de Foyer dans cette présence simple et pauvre qui enrichit tellement. La culture africaine se définit vraiment par l’être, ici la première question que l’on te pose c’est « d’où tu es ? » en d’autre terme quelle ton ethnie, ton village, ta famille.

Pour nous c’est un deuil à faire tout les jours et un travail constant pour l’accepter. Nous sommes si peu habitués et c’est tellement plus facile d’avancer en étant noyés par mille choses à faire. On a le sentiment d’être beaucoup plus efficace. Nos repères sont remis en question, d’autant que nous sommes plutôt sur-actifs tous les deux. Nous devons apprendre à être, dans notre relation de couple aussi. Il s’agit non seulement de faire des choses ensemble, mais aussi d’être ensemble. Et nous sommes persuadés qu’il est là notre projet, notre chemin pour grandir !

Pour lire le récit de leur voyage, rendez-vous sur leur site Internet Resplandor.